Droit à la santé pour les enfants…


LE DROIT À LA SANTE POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES EN FRANCE: UN ACQUIS ?
7 avril – journée internationale de la santé. Aujourd’hui, en France, des enfants et des jeunes n’ont pas accès aux soins et aux services de santé alors que le droit à la santé est un droit fondamental garanti par la Convention internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). Solidarité Laïque et ses membres (la Fédération des APAJH, Aroéven, Entraide Universitaire, Mission Laïque Française, PEP, Snuipp FSU et Unsa Education) s’engagent en faveur d’un meilleur respect de ce droit pour tous les enfants et les jeunes en France.
Voici déjà 25 ans que la France a ratifié la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Parmi l’ensemble des droits qu’elle garantit, l’article 24 stipule que: « Les Etats parties reconnaissent le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation. Ils s’efforcent de garantir qu’aucun enfant ne soit privé du droit d’avoir accès à ces services. ». Ce droit à la santé est un des droits fondamentaux puisqu’il conditionne notamment l’accès à d’autres droits que garantit cette Convention, notamment le droit à l’éducation.
Et pourtant, en France, ce droit n’est pas respecté pour un trop grand nombre d’entre-eux !
Le contexte actuel de crises a des conséquences directes sur le bien être et la santé de nos enfants dans notre pays: près de 3 millions d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté1 et la situation des enfants3 mais aussi des jeunes majeurs au regard de ce droit nous interpelle:

  • 33% des jeunes déclarent renoncer à des soins médicaux pour des raisons financières4
  • 1 enfant sur 4 à Mayotte, département français, en 2013 est privé de son droit à la santé en raison du coût des soins ;
  • 263 mineurs isolés ont été accueillis dans les Centres d’accueil de soins et d’orientation de Médecins du Monde, soit 4 fois plus qu’en 2011 faute de prise en charge par les services dédiés5

Les études montrent aussi que les enfants issus de milieux défavorisés souffrent davantage de surpoids, d’obésité, de problèmes dentaires ou encore d’asthme. À ce tableau critique, n’oublions pas les conditions de vie des enfants issus de la communauté « Rom », qui pour beaucoup d’entreeux, vivent dans des conditions insalubres et n’ont pas accès à une alimentation de qualité ; deux droits pourtant garantis dans la CIDE et qui ont un impact direct sur leur santé.
En ce sens, Solidarité Laïque et ses membres – la Fédération des APAJH, Aroeven, Entraide Universitaire, Mission Laïque Française, PEP, Snuipp Fsu et Unsa Education – recommandent que:

  • Chaque enfant/jeune, en France, puisse avoir accès à une assurance complémentaire de santé ; cette dernière doit être prise en charge par l’Etat si l’enfant/le jeune ne dispose pas des moyens pour le faire ;
  • Les mesures de prévention soient intensifiées (visite médicale annuelle, développement d’unités dédiées à la santé physique des adolescents en rupture, à l’instar de l’unité Guy Mocquet mise en place à l’Hôtel Dieu à Paris, cours d’éducation à la santé dispensés dès le plus jeune âge et tout au long de la scolarité) notamment pour les enfants en situation de vulnérabilité, pour prévenir l’arrivée de certaines maladies et les comportements à risques.
  • Les pouvoirs publics mettent en place des mesures concrètes et adaptées pour garantir l’accès au droit à la santé à tous les enfants et les jeunes en métropole ainsi que dans les DOM-TOM.

Le respect des Droits de l’Enfant – et notamment le droit à la santé- en France est notre priorité ! Solidarité Laïque et ses membres s’y engagent et militent chaque jour en ce sens !

1 Un individu est considéré comme pauvre lorsque ses revenus mensuels sont inférieurs à 828 euros ou 993 euros selon la définition de la pauvreté utilisée (seuil à 50% ou 60% du niveau de vie médian) (source: observatoire des inégalités). Centre de recherche de l’UNICEF, 2013, « Le bien-être des enfants dans les pays riches: vue d’ensemble comparative», Bilan Innocenti 11, Centre de recherche de l’UNICEF, Florence.
3 La CIDE définit l’enfant comme toute personne âgée de moins de 18 ans.
4 Source: Enquête menée par l’observatoire de la vie étudiante en 2010.
5 Observatoire de l’accès aux droits et aux soins de la mission France, Médecins du Monde, 2013